Les résultats sont incontestables mais la route est encore longue !

Il est dix heures lorsque notre avion se pose sur la piste d’atterrissage de Dadaab. Le petit avion de Kenya Airways effectue, vu les circonstances, un atterrissage en douceur. En descendant de l’avion, il apparaît clairement que le mot d’ordre du jour sera « coopération ». Nos collègues de Handicap International, d’Oxfam et de l’UNICEF, qui forment le Consortium belge 12-12 avec Caritas International et Médecins du Monde, nous attendent au pied de la passerelle. Le Ministre de la Coopération au Développement, Olivier Chastel, qui a atterri deux heures plus tôt à Nairobi sur un vol de nuit en provenance d’Amsterdam, est reçu chaleureusement par les équipes locales.

Après un briefing, inévitable mais succinct, dans le campement de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, nous partons pour Dagahaley, l’un des camps de réfugiés de Dadaab. Nous assistons à l’enregistrement des nouveaux réfugiés somaliens. Aujourd’hui encore, de nouveaux réfugiés arrivent à Dadaab mais leur nombre a diminué et on en décompte environ un millier par jour. Toutefois, le nombre total de réfugiés reste hallucinant : plus de 430 000 en tout, soit deux fois la population d’une ville telle que Gand ! 

Yves Willemot

Après l’enregistrement, ils sont soumis à un examen médical par une équipe locale de Médecins sans Frontières. La crainte des maladies et d’une propagation d’une épidémie dans les camps est grande, surtout depuis la découverte de plusieurs cas de choléra quelques jours plus tôt. La coopération entre les travailleurs humanitaires est chaleureuse et a été appréciée à sa juste valeur par le ministre. Ce sera le mot clé lors du débriefing, à la fin de notre visite.

 Dadaab

Lorsque le contrôle médical est terminé, les réfugiés font la queue pour recevoir leur première ration de nourriture du Programme alimentaire mondial. Chaque mois, quelque 9 millions de dollars sont nécessaires pour financer la distribution alimentaire ! Rapidement dans le processus d’accueil, Handicap International prend en charge les réfugiés vulnérables ou handicapés. L’organisation leur assure un accompagnement spécial. Le Ministre Chastel écoute avec attention et admiration les explications données par le responsable local de Handicap International.

 Erik Todts

Nous reprenons ensuite la route pour un autre camp de réfugiés où l’organisation non gouvernementale Care a mis sur pied un programme d’éducation avec le soutien de l’UNICEF. Des enfants somaliens y reçoivent une éducation adaptée dans des écoles d’urgence et des tentes-écoles. Les enfants y apprennent des règles de vie telle qu’une bonne hygiène et y reçoivent des soins médicaux et une aide alimentaire supplémentaires. Le nombre d’écoles reste toutefois limité : 90 écoles pour 200 000 enfants estimés en âge de scolarité.  Les cours sont donnés par des Somaliens, eux-mêmes réfugiés. Le but est d’augmenter graduellement la capacité des écoles afin que tous les enfants puissent avoir un accès à l’éducation. Pour beaucoup d’enfants somaliens, il s’agit d’une chance unique. Dans leur pays, seule une minorité d’enfants peut aller à l’école. Mais même les adultes, et plus particulièrement les femmes, apprennent ici à lire et à écrire.

 12-12

La dernière étape de notre mission sur le terrain nous mène vers un troisième camp. L’après-midi est déjà bien avancé mais la température avoisine toujours les 30 degrés. Pendant de longs kilomètres nous longeons les tentes des réfugiés. Les équipes locales du Haut Commissariat aux Réfugiés et d’Oxfam nous parlent des programmes mis en place pour amener de l’eau et des latrines dans les camps. Certains d’entre nous vérifient par eux-mêmes et entrent dans une latrine pour se soulager. Le Ministre Chastel en profite pour se promener dans le camp.

 Chastel

Il est impressionnant de constater que les gens sont joyeux et sympathiques. Certains d’entre eux vivent ici depuis plusieurs mois. D’autres ont été récemment recueillis dans ce camp après avoir initialement vécu dans la périphérie. Avec le ministre, nous nous faisons la réflexion que ces gens vont devoir y rester encore un bon bout de temps. Ce n’est pas vraiment une perspective joyeuse. Certains Somaliens ont retroussé leurs manches et démarré un petit commerce. Nous voyons une femme qui tente de vendre quelques pommes de terre sur une petite table. Nous passons un point d’eau mis en place par Oxfam. Des enfants rient et jouent. Un peu plus loin nous apercevons une grande tente de l’UNICEF où l’école se donne le matin et où, par après, les enfants peuvent jouer. Le camp ressemble à une ville nouvelle. Les installations s’étendent au fur et à mesure que des fonds arrivent. Dans quelques jours, une équipe supplémentaire de Médecins du Monde arrivera à Dadaab.

 UNICEF

Les camps de réfugiés de Dadaab ne sont que l’une des conséquences de la sécheresse et de la famine qui sévissent dans le Corne de l’Afrique. Les plus grands besoins se situent en Somalie, d’où proviennent la plupart des réfugiés. C’est pourquoi les organisations membres du Consortium 12-12 investissent plus de 2/3 des fonds récoltés en Somalie. Elles y travaillent souvent dans des circonstances difficiles et avec un haut niveau d’insécurité. Le travail se fait souvent de façon discrète, comme c’est le cas pour Caritas. En aucun cas les opérations et le personnel humanitaire ne devraient être mis en danger. 

L’assistance est également accrue en Éthiopie, à Djibouti, en Erythrée et dans d’autres parties du Kenya. Pourtant, l’avenir à court terme ne présage rien de bon. La famine s’étendra probablement jusqu’en décembre 2011. De plus, tout le monde craint les épidémies qui pourraient se déclencher lors de l’apparition des premières pluies.

 OChastel

Comment peut-on éviter une telle catastrophe dans le futur ? C’est la question que tout le monde se pose. La réponse se trouve dans un environnement politique stable, sécurisé et économiquement favorable en Somalie. À ce moment là seulement, il sera peut-être possible de limiter l’impact d’une longue période de sécheresse.  Mais il est clair que cette solution ne sera pas facilement réalisable. Et il est tout aussi évident que la communauté internationale devra y consacrer plus d’attention et d’efforts dans les mois et les années à venir. Voilà le message que le Ministre Chastel et la dizaine de journalistes qui l’accompagnent ramèneront assurément à Bruxelles.

Mais en attendant, il est primordial d’augmenter les secours humanitaires dans la région et d’aider les réfugiés, les déplacés et la population nécessiteuse à survivre et à se créer une vie.

Yves et Erik – 12 septembre 2011

Représentants du Consortium 12-12 en mission à Dadaab, Est du Kenya

 

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